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Eveil qui passe et éveil qui persiste

La différence, entre un éveil qui s’installe et un moment d’éveil qui passe, dépend beaucoup de notre capacité à vivre depuis le moment présent.


Si la force du mouvement automatique des pensées, et l’identification à un égo est trop grande, la conscience ne peut résider en elle-même très longtemps, au présent.

Le mouvement automatique reprend le dessus, et on s’oublie a nouveau, on retombe dans un état de ce qui peut sembler être du sommeil, ou de la semi-conscience.

Le basculement énergétique complet, qu’est l’éveil, ne peut s’opérer que si l’oeil est capable de résider au centre du cyclone.



Même si l’éveil n’est pas un faire, une préparation du terrain est possible.

On peut apprendre à lâcher-prise, à passer d’une contraction, d’un besoin de contrôle, à une relaxation dans le présent, tel qu’il est, sans anticipation permanente de ce qui vient.


C’est à dire qu’il est possible, en tant que non-pratique et dans un non-vouloir, d’affaiblir ou de stopper le mouvement automatique du mental, en créant des pauses, des moments d’arrêts de notre blabla intérieur.


La cessation du mouvement automatique du mental est essentielle. Patanjali en parlait il y a 2000 ans, dans le Yoga Sutra.


C’est même le point clé qui permet la réalisation de l’Atman, du centre, du Soi.


1.2 “Yogaschittavrittinirodhah” Le Yoga, est l’arrêt de l’activité automatique du mental


1.3 “Tada drashtuh svarupe avasthanam” Alors se révèle le centre établie en lui-même.



Dans le cas contraire, le centre, la conscience continue d’être collée, identifiée au mouvement automatique du mental, qui maintien la croyance d’un moi séparé d’elle (l’égo).



Le Lâcher-prise



Dans cette non-pratique qu'est le lâcher-prise du mental, on s’installe dans la présence, en prenant gôut à la présence, dans la vie de tous les jours.


On ne va nul part, on ne devient rien. On arrête de toujours vouloir autre chose que ce que l’on est. On arrête de devenir, pour juste être. Et on arrête de fuir l’immobilité, le vide qui est en nous. On l’accepte enfin, on s’y laisse couler sans peur. On abandonne au divin la peur de de disparaître. On abandonne le contrôle, le vouloir.


Et on écoute avec les yeux, le monde qui nous entoure, on est là, on ne va nul part ailleurs.

Et tout s’éclaire. On voit notre environnement pour la première fois. Et cette première fois se renouvelle, à chaque instant, à chaque instant, à chaque instant. Toujours neuf.


Tant qu’il y a du désir d’aller ailleurs, le mouvement de l’égo est fort, et la conscience ne peut s’aligner avec elle-même, elle continue de suivre le mouvement automatique, linéaire du mental et du temps.


L’éternité se goûte dans le repos de la conscience qui réside en elle-même, dans son immobilité. Le mouvement de la vie se déroule dans l’éternité d'un présent sans fin.


A chaque instant nous ne savons pas. Le présent est un mystère sans cesse renouvelé.


Et lorsque notre attention ne va nul part ailleurs que dans le présent, nous nous sentons vivant, conscient, joyeux, plein, complet. L’énergie de vie ne se perd plus. Elle est décuplée. Nous habitons notre corps, nous sommes bien là.



Un grand degré de fatigue de l’égo est un bon terrain pour l’éveil. Être arrivé à un certain degré d’équanimité avec le monde.


Même si nous nous trouvons dans le tourment, la depression, ou avoir des tendances suicidaires, ces nuits noires, où nous nous sentons coincés, bloqués, en quête de sens sont propice au lâcher-prise de l’égo: Notre volonté personnelle peut alors s’abandonner à plus grand que soi. Il y a un échec de l’égo à ce que les choses se déroulent comme il le voudrait. Et c’est parfois, au coeur d’un chaos personnel, dans l’échec complet de soi, que nous acceptons enfin de lâcher le contrôle, et de nous reposer dans l’être.


Mais pour celui qui est absorbé par des projets personnels, des idéaux, des rêves, celui dont l’esprit est distrait par les multiples occupations qu’offrent le monde, pour celui qui tombe amoureux, pour celui qui n’est pas en quête de sens et dont le coeur est suffisamment rempli et satisfait par les circonstances de sa vie, …Qu’en a-t-il a faire de se rencontrer vraiment?


Il ne connaîtra pas la libération de celui qui a lutté avec lui-même, de celui qui est fatigué, lassé d’avoir cherché du sens, lassé d’être au contrôle car tout lui échappe. Il ne connaîtra pas le sentiment de salut et la paix profonde de celui dont l’appel d’âme à s’éveiller ne l’a pas laissé tranquille un seul jour de sa vie.


Plus l’arc est tendu, plus la flèche part loin. Et dans le non faire de lâcher la flèche, le centre se révèle.