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Sunyata, le Zéro, ou Non-Être

La conscience peut-être vide, c’est le Non-Soi ou Non-Être. Sunyata en Sanskrit. La première référence connue du symbole 0, Sunya, date de Pingala, un poète et mathématicien indien du 3eme ou 2eme siècle avant JC.

Le non-être ou non-soi est l’état de la conscience lorsqu’elle est vide de tout objet, de tout phénomène, lorsque l’on est conscient de rien.


C’est possible, et vous pouvez vous sentir appelé à en faire l’expérience, ou pas. Cela révèle que la conscience peut être en effet pleine ou vide d’objets.

Par exemple lors d’une médiation profonde sur le vide, quand l’attention se retire des phénomènes: on perd conscience du corps, des perceptions diverses, des pensées, la conscience reste alors vide. Cela à des conséquences physiologiques, le corps devient comme mort, suspendu dans l’éternité. (voir post)


Ce que cela nous apprends, une fois qu’il n’y a plus de sujet, il n’y a plus d’être, de “je suis”, présent à rien, c’est qu’il existe un état vide, mais qu’il est, lui aussi, transitoire. Il y a un avant et un après-néant, après le néant, il y a l’énergie pure, la pure lumière.


On est passé du multiple au 0, puis du zéro à l’énergie, et au multiple. Ça aussi c’est intéressant, cela nous apprend sur le fonctionnement de l’existence et de la non existence, du vide et de la manifestation.


Le zéro est le “point”, où l’intérieur et l’extérieur s’inverse, si l’on peut dire, comme les bouteilles de Klein, l’univers pourrait se représenter comme cela.


Sunyata, ou le non-être, c’est s’éloigner le plus possible du mouvement de la vie, mais pour y retourner par l’autre bout! On peut faire l’expérience de l’intériorité et découvrir que le monde intérieur est à l’extérieur, et l’extérieur est à l’intérieur en fait. Cela fait partie des réalisations. Il n’y a pas de fin.


Une fois qu’on a connu le non-être, on est enfin prêt à vivre pleinement. L’attraction est puissant, et tant qu’il nous appelle, on y plonge. Des heures de plongées, de relaxations infinies, de rien, d’abandon dans cette absence de vouloir, de moi, de besoins, de devoir être, absence de mouvement, repos éternel, foi dans l’univers tout entier en lequel “moi” se fond. La mort serait toute entière acceptée.


Après un an où j'avais passé de nombreuse heures sur mon coussin de méditation, à "ne pas être", dans un Nirvana de paix, le moment vint de passer à autre chose. Un mouvement intérieur venait de se faire sentir, comme si j'avais fait le tour du vide... si l'on peut dire. Une pensée venait de me traverser, “il y en a marre du vide!” et cela m'avait fait sourire. En fait, ça disait: “Maintenant, vis”.



A partir de là le proverbe Zen, "avant l’éveil coupe du bois, porte l’eau, après l’éveil, coupe du bois porte de l’eau” prit tout son sens. Et l’ordinaire de la vie devint divin. Ce même abandon mais dans l’être, dans l’action désintéressée, dans la toute petite action, qui prenait un autre goût.